Qualifier la crise : L’hiver économique

Tous les éditorialistes, économistes, hommes politiques(1) ou autres personnalités ont cherché à qualifier la crise que nous traversons en ce moment. Les plus prudents ne disent rien d’autre et parlent tout simplement de « la crise« , alors que les plus vindicatifs ou les plus imaginatifs cherchent le meilleur qualificatif, l’expression qui sera retenue par le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur ou l’électeur.
C’est ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de lire, voir ou entendre des expressions comme « crise du siècle« , « tsunami économique« , « crise globale« , ou hier encore « horreur économique« . Mais à mes yeux aucune de ces expressions ne résume parfaitement ce qui se passe. « Crise du siècle » me semble présomptueux alors qu’il reste au siècle en question 90 ans. « Tsunami économique » est tout simplement stupide, car un raz-de-marée n’est rien d’autre qu’un événement – certes imprévisible – mais dont la puissance n’a d’égale que la très courte durée dans le temps. Non, mon analyse personnelle est que nous sommes entrés dans l’hiver économique. Cette période froide et glauque dont tout le monde attend la fin avec impatience, mais également avec la pleine conscience de sa propre impuissance à en accélérer la fin(2) et à finalement devoir la subir en dépit de tout. L’hiver économique s’impose à tous, aux plus riches comme aux plus pauvres, et sa présence se rappelle à nous chaque jour qui passe. Enfin l’hiver économique sera long et rigoureux, et ici les économistes sont bien moins lotis que les météorologistes qui eux peuvent compter avec un événement naturel (l’équinoxe) pour savoir quand l’hiver prendra fin. Rien de tel hélas ici, et comme toute anomalie climatique, l’hiver économique que nous traversons étonne par son ampleur, sa force, et sa vigueur. Tels des animaux devant un phénomène inhabituel nous devrons coûte que coûte survivre et évoluer, et comprendre que cela passe par un changement profond de notre habitat et de nos repères. Quant au printemps économique, sous-entendez la reprise, il finira bien par arriver. Mais quand ?

(1) ou femmes
(2) Voyez les plans de relances successifs qui ne ralentissent pas la crise, au contraire.

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À propos de VincentB

"Né citoyen d'un Etat libre, (...) quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d'y voter suffit pour m'imposer le devoir de m'en instruire" [Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social]
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10 réponses à Qualifier la crise : L’hiver économique

  1. L'hérétique dit :

    Pas mal l’idée de l’hiver économique…

  2. vincentb dit :

    Merci pour votre commentaire. En effet je pense que « l’image est bonne »

  3. juju41 dit :

    pour moi « hiver économique  » m’a fait penser à l' »hiver nucléaire ».. autrement plus dévastateur…car le monde aura changé définitivement lorsque nous en sortirons..espérons que ce sera en mieux!

  4. vincentb dit :

    Je n’ai pas pour habitude d’être pessimiste, mais comme beaucoup je pense que la situation est très grave. Non seulement à cause des effets immédiats que nous voyons, mais parce que les mesures à prendre ne sont pas les bonnes. A quoi sert de donner de l’argent aux entreprises (quel que soit le secteur) si l’élémentaire contre-partie d’en contrôler la bonne utilisation n’est même pas demandée ?
    Sans ces conditions a minima l’hiver économique sera long et rigoureux, je le crains…

  5. Bouclier dit :

    Apres l’hivers, le printemps que tout le monde connaît.
    Apres la crise, la reprise que tout le monde ignore.
    Les économistes parlent de crise structurelle ou crise de régime d’accumulation, de mode de production. C’est-à-dire que demain ne sera jamais comme hier.
    On peut agir sur l’ économie alors que l’on ne peut rien faire pour influer sur le temps a posteriori. Parler d’hivers gomme l’importance de l’action des hommes politiques sur le monde dans lequel nous vivons.
    On sort de la crise par l’action politique.
    De plus, tout le monde n’est pas touché de la même manière : les riches et les pauvres ne sont pas dans les même conditions hivernales. Les riches ont le chauffage central, alors que les pauvres défrichent la forêt pour remplir leurs poils.

  6. vincentb dit :

    Il est vrai que je n’ai pas développé : si l’hiver frappe tout le monde, certains sont plus préparés que d’autres à le subir. Et ici comme ailleurs, les plus riches bien mieux que les plus pauvres. Ceci dit j’imagine que ce sont bien les poëles qu’il faut remplir….

  7. Oaz dit :

    Tu es sérieux, c’est ton analyse personnelle qui t’a amené à parler d' »hiver » ?

    Tu as fait du Kondratieff sans le savoir ?!!!

  8. vortex dit :

    héhé cairement.
    Nikolai Kondratiev economiste russe mort au goulag:
    sa bio http://fr.wikipedia.org/wiki/Nikolai_Kondratiev

    explication du cycle http://www.thelongwaveanalyst.ca/flash_pres.html

    Ca reste de la théroie mais ça donne quand meme des tendance, a voir si la théorie se confirme.

  9. vincentb dit :

    Oui, j’ai trouvé cela tout seul ! J’ai donc fait du Kondratieff sans le savoir.

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