Nous sommes entrés dans l’hiver économique. Lors de son discours de clôture de la convention thématique Européenne, François Bayrou a cherché à qualifier la crise, mais sans trouver l’expression juste, ce qu’il admet implicitement lui-même : “Nous vivons une crise, mais le mot « crise » est un mauvais mot. Comme vous le savez, il y a des vieilles lunes qui traînent, des vieilles formules toutes faites qui passent leur temps à expliquer que, crise, cela veut dire à la fois danger et opportunité. On l’a tous entendu cela mille fois et vous devez, comme moi, en être lassé.
Hélas, le discours perd de sa force sans un mot-clé, une expression capable de marquer l’auditoire et au-delà, l’opinion publique. Je propose, j’ai déjà proposé,  l’hiver économique pour qualifier la crise. Plus que jamais cette expression me semble être juste. L’hiver économique(1) s’est abattue sur le monde sans prévenir. Nous traversons cette période froide et glauque avec l’impatience d’en finir un jour, mais également avec la pleine conscience de notre impuissance à en accélérer la fin(2), et à finalement devoir la subir en dépit de tout. L’hiver économique s’impose à tous, aux plus riches comme aux plus pauvres - ces derniers la subissant avec plus de rigueur encore - et tel l’hiver climatique, sa présence se rappelle à nous jour après jour. Enfin, l’hiver économique sera long et rigoureux, et ici les économistes sont bien moins lotis que les météorologistes qui eux peuvent compter avec un événement naturel (l’équinoxe), pour savoir quand l’hiver prendra fin. Ici rien de tel hélas, et comme toute anomalie climatique l’hiver économique que nous traversons étonne par son ampleur, sa force, et sa dureté. Tels des animaux devant un phénomène inhabituel nous devrons coûte que coûte survivre et évoluer, et comprendre que cela passe par un changement profond de notre habitat et de nos repères. François Bayrou ne dit pas autre chose : “[La] crise (…) laisse entendre que l’on est dans une parenthèse, qu’il y a eu une interruption d’un processus et que ce processus va reprendre. (…) Ce qu’ont exprimé tous ceux qui, dans la matinée, ont livré leur vision des choses, c’est qu’ils ont tous la certitude que, globalement, cela ne reprendra pas après, et tant mieux, parce que le modèle de société dans lequel nous étions enfermés, où on nous conduisait, ce modèle de société-là ne convenait pas à l’essentiel de ce que nous croyons de la vie.
Quant au printemps économique, sous-entendez la reprise, il finira bien par arriver. Mais quand ?

(1)Une grande partie de ce billet n’est que la reprise de ce que j’ai écrit ici-même le 28 février 2009.
(2)Voyez les différents plans de relances et leurs effets quasi inexistants

Tous les éditorialistes, économistes, hommes politiques(1) ou autres personnalités ont cherché à qualifier la crise que nous traversons en ce moment. Les plus prudents ne disent rien d’autre et parlent tout simplement de “la crise“, alors que les plus vindicatifs ou les plus imaginatifs cherchent le meilleur qualificatif, l’expression qui sera retenue par le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur ou l’électeur.
C’est ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de lire, voir ou entendre des expressions comme “crise du siècle“, “tsunami économique“, “crise globale“, ou hier encore “horreur économique“. Mais à mes yeux aucune de ces expressions ne résume parfaitement ce qui se passe. “Crise du siècle” me semble présomptueux alors qu’il reste au siècle en question 90 ans. “Tsunami économique” est tout simplement stupide, car un raz-de-marée n’est rien d’autre qu’un événement - certes imprévisible - mais dont la puissance n’a d’égale que la très courte durée dans le temps. Non, mon analyse personnelle est que nous sommes entrés dans l’hiver économique. Cette période froide et glauque dont tout le monde attend la fin avec impatience, mais également avec la pleine conscience de sa propre impuissance à en accélérer la fin(2) et à finalement devoir la subir en dépit de tout. L’hiver économique s’impose à tous, aux plus riches comme aux plus pauvres, et sa présence se rappelle à nous chaque jour qui passe. Enfin l’hiver économique sera long et rigoureux, et ici les économistes sont bien moins lotis que les météorologistes qui eux peuvent compter avec un événement naturel (l’équinoxe) pour savoir quand l’hiver prendra fin. Rien de tel hélas ici, et comme toute anomalie climatique, l’hiver économique que nous traversons étonne par son ampleur, sa force, et sa vigueur. Tels des animaux devant un phénomène inhabituel nous devrons coûte que coûte survivre et évoluer, et comprendre que cela passe par un changement profond de notre habitat et de nos repères. Quant au printemps économique, sous-entendez la reprise, il finira bien par arriver. Mais quand ?

(1) ou femmes
(2) Voyez les plans de relances successifs qui ne ralentissent pas la crise, au contraire.

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L’hiver économique
Le blog démocrate de VincentB - 30 mars 2009
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