Pourquoi François Ruffin a tort de ne pas aller à Versailles.

François Ruffin, et au-delà de sa personne l’ensemble des députés du groupe « La France insoumise », ne sera pas présent au Congrès convoqué par le président de la république. C’est une décision politique mais le réalisateur de « Merci Patron ! » ne la présente pas comme telle sur son blog, ou du moins n’évoque pas en premier lieu un choix politique.
La constitution et son article 18* permet pourtant à Emmanuel Macron de convoquer le parlement (assemblée nationale et sénat) en Congrès, et comme le dit François Ruffin « juste [pour] l’écouter« . Sauf que la loi ne permet pas au Président de la République d’en faire plus dans ce cas précis. Quant à l’argument sur le thème « Je ne crois pas qu’on m’ait élu pour ça« , il est tout simplement fallacieux car assister à une séance du Congrès est tout ce qu’il y a de légitime quand on est député, quand bien même on ne serait pas d’accord politiquement avec ce qu’il pourrait se dire en cette circonstance.
Comprenons-nous bien : je ne dénie pas à François Ruffin le droit de ne pas aller au Congrès lundi, je regrette qu’il cherche à expliquer que sa décision n’est pas que politique alors que justement sa décision est exclusivement politique.

*Article 18 : [Le président de la république] peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès. Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l’objet d’aucun vote.

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Mon vade mecum de député novice (bien que je ne sois pas député).

– En tout premier lieu lire attentivement le règlement de l’assemblée nationale. Toujours le poser ostensiblement devant soi en séance.
– Faire une recherche internet « rappel au règlement » dans les comptes rendus de séance. Bien s’imprégner des cas et des ambiances qui prévalent lors de ces moments.
– Déjà réclamer à mon président de groupe un « créneau » pour poser ma question au gouvernement car il y a plus de 300 députés pour seulement une dizaine de questions entre le mardi et le mercredi. Je dois m’arranger pour être « visible » au moins une fois par an…
– Rendre public mon agenda parlementaire. Montrer à mes électeurs que j’occupe mon mandat à 100% car soit je suis en séance, soit je suis en commission, soit je suis dans ma circonscription.
– User et abuser de l’article 54 alinéa 4 du règlement de l’assemblée nationale, qui autorise le député à monter en tribune lors de ses prises de paroles au lieu d’utiliser le micro situé dans les allées. Ce sera là ma « marque de fabrique » dans l’hémicycle.
– Assister à un maximum de séances, surtout en début de mandat, afin d’engranger de l’expérience sur la manière de débattre des textes. Je préfère dans un premier temps « sècher » les commissions pour cause de séance publique que de sècher les débats pour cause de réunion de commission.
– En séance, se donner pour règle de ne pas prendre la parole avant, disons, 6 mois. Avant tout observer, observer et encore observer. Ceci n’est pas valide en commission.
– Rédiger au plus vite une première question écrite, histoire de « signer » ma présence.
– Rédiger aussi une première proposition de loi, volontairement consensuelle (par exemple sur le désabonnement en ligne des titres de presse*). C’est avec l’expérience que mes futures propositions de lois seront plus idéologiques …
– Ne jamais « tweeter » en séance ou en commission. Ce sera très difficile mais en se disciplinant ce doit être possible.
– Visiter sans prévenir la prison la plus proche de ma circonscription, comme la loi m’y autorise.
– Prendre connaissance tous les jours du contenu du Journal Officiel.
– Ah oui : toujours surestimer l’adversaire politique. Corrolaire, ne jamais le sous-estimer.
– Prévenir mon président de groupe que je refuserai toujours de me cacher derrière un rideau avant un vote …

* S’il est possible de s’abonner en ligne à un titre de presse, le désabonnement par le même biais n’existe pas.

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Simuler le second tour de l’élection présidentielle ? C’est possible !

Tout est parti de l’annonce officielle – dans le journal du même nom – des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle. Par un réflexe quasi-professionnel j’ai « copié-collé » cela sur mon tableur avec l’idée d’imaginer l’issue du second tour. Je vous livre ici le fichier et la méthode retenue.
J’ai créé pour chaque candidat deux colonnes pour simuler les reports de voix. Par souci de neutralité j’ai posé 50% partout sauf pour les candidats qualifiés, où j’ai mis à chaque fois 100% et 0%. Il vous appartient donc en fonction de vos suppositions et/ou de vos convictions de saisir les taux de report sur l’un et l’autre candidats. C’est bien entendu toute la clé de ce fichier et son intérêt.
Il est aussi possible de tenir compte de l’abstention ou au contraire du sursaut républicain, en intégrant comme paramètre le taux de report de l’électorat considéré.
Afin d’être tout à fait clair sur la manière de pratiquer je vais prendre l’exemple du candidat n°1, Nicolas Dupont-Aignan. Je pense que tout le monde s’accordera pour dire qu’une large majorité de ses électeurs va se reporter sur Marine le Pen. Vous saisirez donc – en fonction de votre appréciation – 80%, 90% ou même 95% dans la cellule « U4 ». Il vous faut ensuite estimer à combien pourrait se monter un report de voix des électeurs du président de Debout la France vers Emmanuel Macron. Nul doute qu’il sera faible, aux alentours de 5% voire moins. Il vous faudra aussi imaginer dans quelle proportion l’électorat de Nicolas Dupont-Aignan retournera aux urnes le 7 Mai ou pas. En choisissant par exemple 75% vous décidez que 25% de cet électorat ne se déplacera pas ce jour-là. Il vous suffit ensuite de répéter l’exercice pour tous les autres candidats afin d’avoir un résultat.
Vous pouvez aussi simuler la proportion de bulletins nuls ou blancs en faisant en sorte que la somme des reports soit inférieure à 100%. Pour de nouveau prendre un exemple concret, il n’est pas interdit de supposer qu’une partie de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon va s’abstenir ou voter nul. Pour quantifier l’abstention vous choisirez une valeur inférieure à 100% en cellule « AL4 ». Idem pour les bulletins nuls en faisant en sorte que là aussi, la proportion des reports entre Emmanuel Macron et Marine le Pen soit en-dessous de 100%.
J’ai enfin créé une colonne intitulée « Prime d’avance », car j’estime que le fait pour un candidat d’arriver en tête dans un département lui fait bénéficier d’un effet d’entraînement au détriment de l’autre candidat. Par exemple, pour chaque département où Marine le Pen est arrivée en tête, ce simple fait électoral lui permet de prendre au second tour des voix à Emmanuel Macron, indépendamment des reports que nous venons de calculer. Cette « prime » est en proportion directe de l’écart entre les deux candidats au premier tour. Et comme il s’agit ici de tenir compte d’un effet de vases communicants, les voix ajoutés à l’un sont retirés à l’autre, d’où la présence d’un nombre négatif de voix. Vous noterez aussi que c’est là un jeu à somme nulle, suivant en cela la logique électorale que je veux simuler : cette voix pour un candidat est de facto une voix de moins pour l’autre candidat. Mais vous pouvez tout à fait décider de ne pas me suivre sur ce terrain et forcer toutes ces valeurs à 0, ou changer la formule à votre guise pour en atténuer ou au contraire en augmenter l’effet. Tel quel, cela donne 244 464 voix de plus à Emmanuel Macron et par conséquent 244 464 voix de moins à Marine le Pen, soit 0,51% des inscrits. C’est assez faible en soi mais cela peut peser sur les résultats d’un département.
Quant aux autres colonnes, elles présentent les résultats de manière très classique : nombre de voix et pourcentage de chaque candidat. Il y a aussi une colonne pour indiquer la participation au second tour. Voilà, tout est dit ou presque, il ne vous reste plus qu’à entrer les différents paramètres et découvrir en bas de tableau qui sera notre prochain président de la République.
Pour l’avoir expérimenté je peux vous affirmer que l’utilisation de ce fichier est attractif*, voire jubilatoire. Il est assez fascinant de regarder comment 5 ou 10% des reports de voix de François Fillon ou Jean Luc Mélenchon peuvent influer sur le résultat final. Si le système est sans doute imparfait (il faudrait pondérer les reports département par département) il n’en demeure pas moins instructif à bien des égards.

* La mode voudrait que je dise addictif mais j’ai horreur de cet anglicisme.

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Mon appel aux abstentionnistes du second tour à voter pour Emmanuel Macron.

Le premier tour de l’élection présidentielle a livré son verdict et nous aurons à choisir le 7 Mai entre Emmanuel Macron et Marine le Pen. Je tiens à lancer un message simple à celles et ceux qui bien qu’ayant voté le 23 Avril voudraient s’abstenir de se déplacer à l’occasion du second tour : pour le dire simplement ce n’est pas votre intérêt. Votre intérêt est au contraire de voter massivement pour Emmanuel Macron. Car plus l’écart entre lui et Marine le Pen sera important, plus il sera dû à votre engagement. A l’inverse, un score étriqué en faveur du fondateur d’En Marche ! lui permettra d’en conclure qu’il ne doit sa victoire qu’à ses seules troupes.
Nous ne sommes plus en 2002, Emmanuel Macron n’est pas Jacques Chirac. Si son score le 7 mai est disons supérieur aux 62% des premiers sondages de l’entre-deux tours, il ne pourra pas balayer d’un revers de main cet apport de voix. Je vais même plus loin : l’occasion est belle d’infléchir dans votre sens la politique que souhaite mettre en place Emmanuel Macron. En votant pour lui malgré votre désaccord vous l’engagez à tenir compte de vos aspirations. Pour être tout à fait clair, vous lui mettez la pression comme aiment à dire les électeurs les plus jeunes ; et plus cette pression sera forte, moins il pourra l’ignorer. Songez-y avant le 7 Mai au soir.

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