10 réponses à Histoire de logo

  1. adm dit :

    Pour faire cours, je vais utiliser un exemple très simple pour vous faire comprendre que c’est une ânerie sans nom cette histoire de concours : pour manger ma tartine le matin, j’ai besoin de pain, donc tous les matins je vais voir les trois boulangers qui sont à coté de chez moi et je vais organiser le concours de la meilleure baguette. Je vais leur demander de faire 3 baguettes et je vais goûter chacune pour me faire une idée, celui qui a gagné, je lui paye sa baguette et les autres, ils pourront aller se rhabiller. Pour faire court, les deux autres boulangers n’auront travaillé pour rien… pas un rond… vous pensez que les gens sont aussi crétins ? vous travailler gratuitement vous ?

  2. Anonyme dit :

    « Il n’y a là rien contre la profession de graphiste, j’imagine que ces derniers ne vivent pas que de la commande publique. »

    Et de la même façon, des entreprises privées ne se privent pas d’organiser, dans la plus grande légalité, ces mêmes concours pour leur logo. (http://www.brandsupply.fr/concours)
    A l’instar d’un concours, ce type de commande oblige un graphiste à faire ses preuves pour obtenir.. obtenir quoi d’ailleurs :
    – un poste ? non.
    – un salaire ? non plus.
    – juste le fruit de la commande. Une parmi tant d’autres qu’il a (on espère pour lui, la réalité est souvent différente).

    Seriez-vous heureux de travailler certains jours pour rien car des gens ont jugés que d’autre avaient mieux travailler que vous ?

    Si l’Etat (oui, une collectivité locale représente l’Etat) se met à suivre la même logique, cela deviendra préjudiciable à ce corps de métier qui se bat depuis des années contre cette pratique.

    Réduire les coûts, oui ! C’est possible, un exemple simple serait de réduire les intermédiaires -> traiter directement avec les graphistes.
    Ce n’est pas compliqué et ce n’est qu’une idée parmi tant d’autres.

    Ou mieux encore : se demander si la réelle priorité de la région est de changer son logo ou s’il ne faudrait pas s’occuper un peu plus de ce qui est nécessaire sur le terrain, c’est à dire renforcer les dispositions en faveur d’un développement sanitaire, sociale, économique, scientifique, territoriale, etc.

  3. VincentB dit :

    adm, ce que vous dites est factuellement exact mais comment répondent les entreprises qui soumissionnent pour une commande publique de logo ? Peuvent-elles se contenter d’une déclaration d’intention ?

  4. VincentB dit :

    Anonyme (dommage que vous le soyez) nous pouvons nous rejoindre sur un point, c’est quand vous dites « se demander si la réelle priorité de la région est de changer son logo ou s’il ne faudrait pas s’occuper un peu plus de ce qui est nécessaire sur le terrain ». C’est de ce constat que je suis parti, changer le logo d’un département ou d’une région est actuellement une dépense inutile.

  5. Kaes dit :

    « On m’accuse de vouloir tuer le métier de graphiste »
    > C’est un peu ce qu’encourage votre propos, même si ce n’est pas votre objectif à l’origine.

    « Je considère qu’une collectivité quelconque n’a pas à passer de marché public pour faire son logo. Soit elle le fait en interne, soit elle le fait de manière à ce que cela coûte un minimum d’argent à la collectivité. »
    > En effet, les marchés publics étant de toute façons vendus (appelons les choses par leurs noms). Mais entre « 0 € », « en interne », « un minimum d’argent », il y a un sacré fossé.

    « Associer les habitants de la collectivité à participer activement à la conception du logo peut s’envisager. »
    > Créer un logo est un vrai métier. Je vous laisse imaginer la tronche des immeubles si on laissait les gens faire les logements sociaux des villes par eux-même. Plus d’infos : http://www.aetherconcept.fr/pourquoi-faire-appel-a-un-graphiste-independant/

    « Les plus virulents m’accusent de vouloir mettre toute la profession sur la paille avec cette histoire de concours, ce qui vous en conviendrez est excessif. »
    > Ce n’est pas excessif : http://www.aetherconcept.fr/crowdsourcing-esclavage-moderne/

    « Où trouver un juste milieu alors ? »
    > En se renseignant ? J’dis ça, j’dis rien…

    « Un logo de collectivité territoriale n’est pas un logo d’entreprise privée, encore moins un logo de marque. Il devrait être fonctionnel avant tout. »
    > Au même titre que le logo d’entreprise privée ou de marque. Ce propos montre bien votre méconnaissance du sujet. Un logo n’est pas fait pour être « jolie », mais pour faire sens. Après, des rigolos, on en a beaucoup dans le métier avec les idées reçues colportées par des gens mal informés…

    « S’il est design en plus pourquoi pas. »
    > Fonctionnel = design. Vous confondez « design » et « beau ».

    « J’estime*** qu’en outre on les refait de plus en plus souvent et pour de plus en plus cher. C’est cette spirale qui doit cesser. »
    > On est d’accord. Mais quand on fera des marché public aux conditions cohérentes et qu’on fera

    Un dernier mot avant de vous laisser. Dans cette mini-histoire j’ai été associé à Valérie Pécresse****. Je tiens à préciser que je n’ai aucune sympathie politique particulière pour l’UMP en général et pour Valérie Pécresse en particulier. Il vous suffira de parcourir certains billets de ce blog – le précédent par exemple – pour vous en convaincre.

    * Je ne touche aucun Euro d’argent public, je suis un citoyen lambda.
    ** Ceux qui sont plus ou moins d’accord avec moi n’ont pas « tweeté » pour le dire. C’est un fait indépendant de ce qui m’arrive, il est plus facile d’écrire quand on n’est pas d’accord que l’inverse.
    *** C’est ma perception.
    **** Gagez que mon tweet sans l’association de son nom n’aurait reçu aucun accueil. Il aurait été ignoré.

  6. Kaes dit :

    (Pardon, j’ai validé involontairement mon commentaire sans l’avoir terminé. Je le remet entier, merci de supprimer la première version).

    « On m’accuse de vouloir tuer le métier de graphiste »
    > C’est un peu ce qu’encourage votre propos, même si ce n’est pas votre objectif à l’origine.

    « Je considère qu’une collectivité quelconque n’a pas à passer de marché public pour faire son logo. Soit elle le fait en interne, soit elle le fait de manière à ce que cela coûte un minimum d’argent à la collectivité. »
    > En effet, les marchés publics étant de toute façons vendus (appelons les choses par leurs noms). Mais entre « 0 € », « en interne », « un minimum d’argent », il y a un sacré fossé.

    « Associer les habitants de la collectivité à participer activement à la conception du logo peut s’envisager. »
    > Créer un logo est un vrai métier. Je vous laisse imaginer la tronche des immeubles si on laissait les gens faire les logements sociaux des villes par eux-même. Plus d’infos : http://www.aetherconcept.fr/pourquoi-faire-appel-a-un-graphiste-independant/

    « Les plus virulents m’accusent de vouloir mettre toute la profession sur la paille avec cette histoire de concours, ce qui vous en conviendrez est excessif. »
    > Ce n’est pas excessif : http://www.aetherconcept.fr/crowdsourcing-esclavage-moderne/

    « Où trouver un juste milieu alors ? »
    > En se renseignant ? J’dis ça, j’dis rien…

    « Un logo de collectivité territoriale n’est pas un logo d’entreprise privée, encore moins un logo de marque. Il devrait être fonctionnel avant tout. »
    > Au même titre que le logo d’entreprise privée ou de marque. Ce propos montre bien votre méconnaissance du sujet. Un logo n’est pas fait pour être « jolie », mais pour faire sens. Après, des rigolos, on en a beaucoup dans le métier avec les idées reçues colportées par des gens mal informés…

    « S’il est design en plus pourquoi pas. »
    > Fonctionnel = design. Vous confondez « design » et « beau ».

    « J’estime*** qu’en outre on les refait de plus en plus souvent et pour de plus en plus cher. C’est cette spirale qui doit cesser. »
    > On est d’accord. Mais quand on fera des marché public aux conditions cohérentes et qu’on permettra une meilleure accessibilité de ceux-ci aux petits, alors les coûts seront forcément réduits. Ou à faire en interne, comme vous le suggérez. Au moins, plus de graphistes pourront espérer un poste dans la fonction publique.

    Je vous remercie toutefois d’avoir pris la peine de nous répondre, contrairement à Madame Pécresse.

  7. julien dit :

    « adm, ce que vous dites est factuellement exact, mais comment répondent les entreprises qui soumissionnent pour une commande publique de logo ? Peuvent-elles se contenter d’une déclaration d’intention ? »

    Je rejoins les propos d’adm.
    Comment faites-vous lorsque vous faites appel à une société de plomberie dans une collectivité ? Vous leur demandez de réaliser une partie des travaux pour voir si le travail est à la hauteur de vos espérances ou vous jugez sur l’expérience passée et les références.
    Scoop ! Les designers graphiques et autres agences de design ont toutes des portfolios et des sites internet facilement consultables qui permettent, comme pour les plombiers, de pouvoir juger des capacités professionnelles avant d’engager une commande. Malheureusement, le travail de designers graphiques est suspicieux. Bon nombre de personnes pensent qu’il est facile d’ouvrir un logiciel de dessin de gribouiller quelques Mickeys pour obtenir un logo facile et pas cher et sa belle charte graphique de 120 pages et ses déclinaisons. Et en profitez pour donner son avis à qui veut l’entendre sur le choix de telle couleur ou de telle typographie… Parce qu’il est bien connu qu’en France en plus de faire son travail quotidien (comptable, médecin, élu de la république, etc.) le tout-venant est expert en chromie et est un typographe émérite. Mais comme la plomberie faite maison, le design graphique fait maison (ou en interne) aboutit souvent à des résultats bancals.

    Les designers graphiques comme les plombiers font des études supérieures (souvent 5 années pour les écoles nationales, Arts déco, Estienne, ENSCI, etc.) qui leur permettent d’acquérir un savoir-faire et une expertise qu’ils vont approfondir au cours des années, comme toutes professions. C’est cette expertise et ce savoir-faire que vous payez. Lorsque vous achetez un logo et une charte graphique, vous payez certes un travail effectué, mais aussi une valeur ajoutée. Le designer graphique est censé être payé à hauteur de la diffusion de son travail graphique, tout comme le photographe. C’est ce que l’on appelle le droit d’auteur. Et il s’applique, en France, à tout travail de création artistique, ce qui est le cas du graphisme. La conception d’un travail graphique doit être facturée proportionnellement à sa diffusion. À petite diffusion petit prix et vice versa. L’Ile de France n’a pas à rougir de sa superficie. Et le logo créé sera potentiellement vu par des millions de personnes.

    Il manque en France une vraie culture de la chose graphique et imprimée (malgré une histoire riche). Il n’est pas normal qu’en sortant du collège on ne sache pas qui est Le Corbusier, Claude Garamond, Roger Excoffon (qui a changé l’image de la France et créé son identité à travers ses créations typographiques, dans les années 50) ou plus proche de nous Jean Widmer ou Roger Tallon. Les pays anglo-saxons et germaniques enseignent le design dès l’école primaire en sensibilisant les enfants au design graphique, à l’architecture, à la photographie. Le néant qui habite les enseignants français en matière de design graphique parfois me consterne. Comment par exemple peut-on enseigner l’écriture sans savoir ce qu’est un ductus… Mais je m’égare.

    Pour rappel et pour conclure, le fait de faire appel dans le cadre d’un appel d’offre public à des designers graphiques ou des agences en leur demandant de produire des éléments de création graphiques sans rémunération est illégal.

    http://www.alliance-francaise-des-designers.org/les-marches-publics.html

    PS. il y a de nombreux designers graphiques qui ne vivent principalement que de la commande publique. En cherchant un peu du côté du ministère de la Culture, je suis sûr que vous trouverez quelques noms célèbres.

  8. Faire des logos c’est un vrai métier. On est aujourd’hui envahi de logotypes bons marchés crées sans profondeur ni qualité graphique. Du coup il est raisonnable de penser qu’après tout il suffit de faire un concours et n’importe quel bricoleur pourra fournir un résultat bien moins coûteux que ses « voleurs d’agences de com’ « . Ca ne concerne pas que le plombier du coin, mais aussi de grandes institutions ou grandes entreprises.

    Cela s’explique notamment par le manque de culture graphique des commanditaires (les services com’) et, avouons le, du niveau de compétence en chute libre des graphistes eux-même. Aujourd’hui on leur demande de faire de la programmation, de la 3D, etc. pour un salaire de misère, mais ils sont incapable de travailler la typographie alors que c’est le domaine le plus important quand on s’attaque à la création de logotype.

    Une identité graphique (le logotype n’en est qu’une partie, importante certes, mais il ne peut se suffit à lui-même) nécessite un long travail préparatoire, qu’il est difficile de faire en interne, et qu’on ne peut obtenir qu’après de multiples entretiens et analyses. La création du logo en lui-même n’est que l’aboutissement de ce long travail de maturation.

    Les choix opérés par le commanditaire nécessitent également de solides connaissance en interne ou le choix d’un prestataire compétent qui ne comptera pas ses heures pour donner à son client tous les éléments objectifs ET subjectifs de choisir telle ou telle voie.

    Quand on réunit ces éléments : travail préparatoire solide, compétence du designer, commanditaire qui assume des choix tranchés, on obtient généralement une identité graphique solide qui porte alors véritablement la « marque » pendant des décennies.

    Au contraire, des logotypes mal réalisés montrent rapidement leur limite et appellent des refontes permanentes.

    Je ne dis pas qu’il ne faille pas faire appel aux « locaux », il suffirait déjà de faire des appels d’offres qui n’ont que pour objectif de sélectionner le prestataire qui réunit toutes les compétences nécessaires pour mener un tel chantier à terme. Cela peut se faire en regardant les références du prestataire ou en sélectionnant le prestataire à partir d’un exercice de style : un brief hypothétique dont l’objectif est simplement de voir les pistes proposées.

    Bref, on peut critiquer une somme de 400.000 euros si le résultat rendu est médiocre, mais tout à fait correct pour obtenir un travail solide, qui servira au mieux l’identité du commanditaire sur tous les supports possibles et imaginables. « Le prix s’oublie la qualité reste »

    Il faudrait déjà se demander en amont pourquoi une région ou un département a besoin d’un logo, que ce dernier doit « forcément » être alambiqué, et en quoi il devrait changer en fonction des mandatures.

    Pourquoi ne pas plutôt réfléchir à un système graphique « national » qui permettrait au premier coup d’oeil d’identifier qu’il s’agit de l’identité d’une « région » et de quel région il s’agit ? De transmettre au public une identité graphique qui indique le rôle de la région plutôt que les fantaisies de ceux qui sont aux manettes à un instant T ?

    utiliser des logos bons marchés voire gratuits ne ferait que rendre encore plus brouillonne la communication des institutionnels, continuerait de tirer la qualité générale vers le bas et finira par tuer tout simplement l’usage d’un logo dans une stratégie de communication.

    signé : un nain stitutionnel qui se bat tous les jours avec des identités graphiques mal pensées.

  9. smonff dit :

    Je suis d’accord avec vous VincentB. Pour rappel, les sommes du logo du CG des Hauts de Seine (http://www.observatoiredessubventions.com/2011/hauts-de-seine-46-millions-deuros-pour-le-nouveau-logo-du-conseil-general/) qui au moins demanderait de se poser des questions sur à qui profitent ces contrats et qui sont les juris des concours? Le Pôle Emploi est un autre exemple saisissant.

    Concernant les critiques des graphistes, et la façon dont ils ont réagit à votre déclaration initiale, il s’agit d’une corporation que je considère comme un peu « détachée », après tout ce sont des artistes, mais pas vraiment non plus. Ce qui est très inquiétant, c’est leur façon de rejeter tout principe de « design collaboratif », puisqu’il est très facile d’associer des « habitants » comme le dit Valérie P. (je ne suis pas enthousiasmé par ces idées mais bon, la a mis le doigt sur quelque chose de sensible), des citoyens, des bénévoles, des collégiens, la graphiste de la mairie, les élèves de l’association. d’arts plastiques locale, n’importe qui en fait, oui. Je suis énervé par ce rejet du DIY (Do It Yourself – Fais Le Toi Même), où seuls les détenteurs de l’accès à un savoir et à des réseaux pourraient s’exprimer et où les savoirs communs et populaires sont niés de façon impitoyable. Mais je ne suis pas très étonné car finalement, on voit bien pourquoi la corporation protège ses privilèges acquis on ne sait trop comment.

  10. `h dit :

    « on voit bien pourquoi la corporation protège ses privilèges acquis on ne sait trop comment. »
    Quels privilèges ? Celui de se faire payer une fois sur 5 ?

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