Pour un « ticket » de Villepin-Bayrou

Il y a dans le discours de Dominique de Villepin prononcé hier des points de vue qui ne sont pas sans rappeler certaines des propositions du MoDem. L’idée d’un rapprochement entre les deux hommes n’est désormais plus une utopie pour moi, et pourrait bien se révéler devenir une réalité.
Quand de Villepin annonce très vite que « Nous [sommes] insoumis parce que nous croyons en la République. Parce que nous pensons qu’une alternative est possible, qu’une autre voie est possible.« , on retrouve ici la troisième voie, la sortie du bi-partisme que réclament François Bayrou et le MoDem. Plus loin dans le discours Dominique de Villepin dira encore : « Pour réhabiliter la politique, il faut imaginer un mouvement neuf » ; et d’enfoncer le clou :  » (…) les Français voient bien, d’une alternance à l’autre, l’épuisement des jeux politiciens. Ils veulent sortir de l’impasse« .

Prenez exemple sur la dette publique, dont le mouvement démocrate avait fait l’un de ses thèmes majeurs avant qu’elle ne vienne sur le devant de la scène avec la crise économique que nous traversons. Qu’en pense le nouveau président de la République Solidaire : « La dette de la France ? Pourquoi s’inquiéter pour quelques centaines de milliards de plus ? » assène t-il devant l’auditoire. Et de dénoncer lui aussi « un abandon, une défaite de la politique.« .
Comme François Bayrou lui non plus « n’accepte pas qu’on touche à l’indépendance de la France, en revenant dans le commandement intégré de l’OTAN. » Décision éloignée du quotidien des français certes, mais oh combien symptomatique de l’état d’esprit dont est emprunt le locataire de l’Elysée.
Le constat, forcément sévère est pratiquement en tout point identique à celui que nous formulons au mouvement démocrate.
Mais après le temps du constat, vient celui des propositions. Et à ma grande surprise les similitudes sont bien plus importantes que les différences. Etat des lieux.
Quand Dominique de Villepin souhaite « l’accès de tous aux services publics« , je crois entendre François Bayrou marteler « Il faut plus d’Etat là où c’est nécessaire« . En banlieue de Villepin demande « des conseils de quartier élus au suffrage universel » quand le président du MoDem lui voulait des sous-préfets. Dans les deux cas c’est bien la République reprenant pied dans nos quartiers. Donner sa chance à chacun lors de sa scolarité est également un point commun entre les deux hommes avec en filigrane (même si ce n’est pas dit expressément dans le discours prononcé hier) une mise en avant du « savoir ».
Un autre domaine – accessoire au premier abord – avait été dénoncé dès 2006 par François Bayrou : les affinités entre entreprises privées, médias et marchés publics.
Dominique de Villepin n’est pas en reste : « Regardez la concentration et la confusion des pouvoirs. (…). Plus de connivence, plus de conflits d’intérêts : il faut interdire aux groupes dépendant étroitement de la commande ou de la régulation publique de posséder directement ou indirectement des médias. » Il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille à cigarette entre les deux hommes sur ce sujet.
Concernant les retraites la proposition de République Solidaire est également très proche de celle du MoDem : « un régime par points, où chacun pourra se constituer ses droits à la retraite et avoir accès à une retraite à la carte. » sans parler de la pénibilité où là – pourquoi être modeste – j’ai retrouvé presque mot pour mot ce que j’ai écrit sur mon blog dès mercredi soir : « prendre en compte (…) la pénibilité, l’usure physique et psychique, en particulier pour ceux qui sont en travail de force, en travail posté ou en travail de nuit. »
Le seul point éloigné – encore que – est celui relatif aux 35 heures. Je n’ai pas vu que le MoDem souhaitait sa « mort », contrairement à de Villepin qui n’hésite pas à dire que « nous devons revenir (…) sur la loi des 35 heures, mais cela suppose une autre conception du travail« .
Au bout du compte je souhaite vivement un rapprochement entre ces deux hommes épris d’indépendance politique, visiblement sincères à vouloir changer les choses. Un « ticket » de Villepin-Bayrou aurait certainement de l’allure et ferait trembler jusque sous les ors de l’Elysée, je n’en doute pas un seul instant.

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À propos de VincentB

"Né citoyen d'un Etat libre, (...) quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d'y voter suffit pour m'imposer le devoir de m'en instruire" [Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social]
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3 réponses à Pour un « ticket » de Villepin-Bayrou

  1. W.L. dit :

    Là, nous ne sommes pas forcément d’accord Vincent.
    D. De Villepin est l’homme du CPE, jamais élu ni présenté -à ma connaissance- au suffrage universel (qui nécessite un minimum de courage).
    S’il avait été centriste, il aurait déjà rejoint un parti en « cours de route », il n’aurait pas tenté la méthode « cavalier seul », qui sied bien plus à un individualiste qu’à un humaniste.

    Le reste ne sont que des discours, qui, comme lui

  2. W.L. dit :

    (suite…) Le reste ne sont que discours, qui, comme lui a déjà enseigné son mentor sur les promesses, n’engagent que ceux qui les reçoivent.

    Amicalement.

  3. VincentB dit :

    Il y a deux choses disctinctes dans mon propos : d’abord l’analyse politique où je cherche à montrer que le discours de Dominique de Villepin est assez proche de celui du MoDem. Il y a ensuite mon souhait de voir cet homme et François Bayrou se rapprocher.

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