2012 : Ceux qui iront, et ceux qui n’iront pas…

Plus que deux ans et quelques mois. Le quinquennat a généré la campagne (presque) permanente pour les présidentielles. Cela ne s’était pas vu avec Jacques Chirac, qui aura été président 12 ans après les 14 de François Mitterand. Mais maintenant si le calendrier est respecté, nous pourrions avoir jusque cinq Présidents de la République différents là où auparavant on en n’avait que deux.
Mais l’essentiel est ailleurs pour le moment. En ce début d’année 2010, je me propose de lister qui veut y aller et pourra, qui veut et ne pourra pas, et qui ne veut pas.
A tout seigneur tout honneur, Nicolas Sarkozy. Ses récentes déclarations sur le sujet ne doivent tromper personne. Etre contre sa manière de gérer le pays, contre la plupart – pour ne pas dire contre toutes – ses idées n’empêche pas le discernement : Nicolas Sarkozy est un homme politique hautement intelligent. A ce titre, je suis prêt à parier gros qu’il pense à la ré-élection depuis le premier jour de son entrée en fonction. Sa stratégie pour 2012 est très simple : compte-tenu qu’à droite les réserves de voix sont ténues, il faut être en tête au premier tour avec le maximum d’avance sur le second. Pour cela il a besoin d’écarter des candidatures à droite qui pourraient lui faire ombrage, et organiser la division à gauche pour que son opposant ait le moins de voix en valeur absolue au premier tour. Vous noterez au passage le froid calcul mathématique : peu importe l’opposition présente au second tour, pourvu qu’on ait l’écart en voix au premier.

Revue de détail par ordre aléatoire

  • Philippe de Villiers : Son cas est intéressant. Habitué des joutes politiques, il a très envie de se présenter en 2012. Mais il fait désormais partie des déjeuners de la majorité, club politique dont la vocation est avant tout de « manger » ces candidatures que Nicolas Sarkozy doit sans doute qualifier d’exotiques. Pour moi il n’ira pas, car en échange on lui laisse la Vendée et tous ses tribunaux(1).
  • Hervé Morin : Il ne sera pas candidat. Non pas qu’il ne veuille pas, mais je crois tout bonnement qu’on ne l’autorisera pas à se présenter. Tant pis pour le Nouveau Centre, ce drôle de parti sans militants et n’existant que par la volonté de générer un semblant d’opposition au sein de la Majorité. Personne n’est dupe et cela se voit élection après élection.
  • Dominique de Villepin : Lui ira et sans trop me vanter j’ai cette certitude depuis bien longtemps, je veux dire bien avant le procès Clearstream. Il a l’aura de l’homme libre, il est attaché à ses convictions. Il a le réseau nécessaire, et de plus il a les sondages pour lui. Dans ces conditions il se doit d’être candidat.
  • François Barouin : Il l’a déjà annoncé (!), il sera candidat mais en 2017. Pour l’avoir vu lors d’un débat public fin 1995 contre un certain François Hollande(2), je ne doute pas de sa parole. Mais pour 2012 c’est encore trop tôt.
  • Extrême droite : Il faut s’attendre à deux canditatures. Celle du Front National et celle d’un parti ou mouvement dissident. Mais le « bon score » qu’on prédit n’arrivera pas, ne serait-ce que parce que cela est contre la stratégie du candidat Nicolas Sarkozy. C’est donc sans aucun scrupule que ce dernier ira marcher sur les plates-bandes de l’électorat frontiste.
  • Parti Socialiste : Il y aura une candidate ou deux candidat(e)s ! Car soit Ségolène Royal est vainqueur des primaires et ce sera la candidate du PS, ou bien elle ne l’est pas et nous aurons sa candidature en plus de celle soutenue officiellement par le parti socialiste.
  • Olivier Besancenot : Aucun souci, il sera présent. Et comme à chaque fois il devra compter avec une candidature Lutte Ouvrière et une candidature « extrême gauche exotique ».
  • Parti Communiste : Le Parti présentera un(e) candidat(e). Désolé de paraître méchant mais peu importe le nom, cette candidature ne recueillera au mieux que 2% des suffrages.
  • Jean-Luc Mélanchon : Il a besoin de notoriété et d’installer son parti dans l’esprit des Français. Il sera donc candidat.
  • Europe Ecologie : C’est la victoire de la stratégie de Nicolas Sarkozy, qui en aidant ce mouvement à s’installer dans le paysage politique permet d’organiser la division des voix à gauche(3). Daniel Cohn-Bendit ne sera pas candidat, donc le candidat Europe Ecologie devra faire face à un défaut de notoriété. Défaut assez pénalisant pour l’empêcher d’atteindre le second tour, mais assez important pour aider à creuser l’écart en voix au premier tour.
  • Les verts : Il y aura une candidature « verte » en plus de celle d’Europe Ecologie, de quoi semer le trouble chez les électeurs. Je pense à Cécile Duflot mais ça peut encore changer.
  • Noël Mamère : S’il est logique avec lui-même il ne devrait pas être candidat, puisque lors de la réforme consitutionnelle il a défendu un amendement demandant la suppression de l’élection du Président de la République au suffrage universel.

Et le MoDem dans tout ça ? Nous aurons un(e) candidat(e), c’est tout ce que je peux affirmer pour le moment !

(1) Vous vous souvenez sans doute de cette réforme engrangée par Rachida Dati, alors Garde des Sceaux, consistant à réfomer la carte de France des tribunaux. Si vous êtes journaliste – je ne le suis pas – enquêtez pour comprendre pourquoi la Vendée a t-elle été épargnée ?
(2) François Hollande qui était tout dépité après l’annonce du retrait de Jacques Delors.
(3) Apparté pour redire ici que l’écologie – pardon l’environnement – n’a pas de place politique. Au nom de quoi au prétexte qu’on n’est pas de Gauche serait-on contre l’environnement ?

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À propos de VincentB

"Né citoyen d'un Etat libre, (...) quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d'y voter suffit pour m'imposer le devoir de m'en instruire" [Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social]
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5 réponses à 2012 : Ceux qui iront, et ceux qui n’iront pas…

  1. TOSELLO dit :

    Moralité: depuis sa main tendue en pleine tranchée en 2007 à toute la gauche et au modem ,me ROYAL reste la seule à garder ce cap malgré tous ces sectarismes divers et qui persistent , elle reste la valeur sûre logique , une femme novatrice ouverte , libre , bref ce que la masse ( cocufiée comme elle aime et va pénaliser dans les urnes les appareils usés qui trichent et monopolisent !

  2. Opaline dit :

    SR, elle ira c’est certain, avec un pourcentage de voix non négligeables mais pas suffisant pour être au second tour, parce qu’elle aura à affronter un autre candidat de son propre camp, tout ce petit monde aura ses supporters mais au final le PS ne sera pas au second tour.

  3. Morin sera candidat tout comme Boutin/ Objectif piqué chacun 1 à3 % de votes qui n’iront pas à …Bayrou ! C’est de la stratégie présidentielle pilotée depuis l’Elysée.
    En l’absence d’une candidature crédible d’un Vert, Lepage pourrait se présenter aussi le moment venu s’il y une ouverture. C’est la raison finale de Terre Démocrate.

    Une candidature unique du Front De Gauche n’est pas à exclure si le candidat du PS est trop à Droite !

  4. VincentB dit :

    Votre analyse concernant Hervé Morin est juste…à moitié ! Je veux dire par là que la possibilité de voir une candidature Nouveau Centre en 2012 est de 50%. Pour Christine Boutin, en effet je devrais l’ajouter à la liste. Elle a assez d’indépendance pour être candidate sans rien demander à personne, et son score maximum possible reste raisonnable vis-à-vis de l’objectif que s’est donné le futur candidat Sarkozy : Avoir au soir du premier tour le plus grand écart de voix avec le (la) candidat(e) arrivé(e) en deuxième. Car je persiste à dire qu’on n’a pas encore pris toute la mesure de cette nouvelle stratégie. N’oublions pas que jusqu’en 2007 l’objectif était d’être premier ou second, mais le nombre de voix et l’écart entre les deux « finalistes » était finalement presque secondaire. On jouait bel et bien projet contre projet. Pour 2012 ce sera différent : Nicolas Sarkozy misera tout sur le premier tour afin de bénéficier de l’élan – certain diront de l’inertie – qui lui donnera la victoire au second. Même si mon analogie va vous sembler tirée par les cheveux, c’est comme cela que David Douillet a gagné son siège de député. Pour moi cette élection législative partielle a en quelque sorte « validé » cette stratégie. Je n’oublie pas non plus une déclaration de Roger Karoutchi – passée inaperçue – qui allait dans le même sens.

  5. deguisement dit :

    Rien n’est perdu ! mais rien n’est mis en place non plus pour nous sortir de l’ornière ! L’inoppression Active n’étant semble-t-il pas à l’ordre du jour de nos hauts fonctionnaires de Bercy, qui décident à la place des députés !!

    Il nous va falloir prendre les choses en main pour les prochaines législatives, en dehors des actuels partis politiques à la botte des « gens d’argent »

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